Les secrets de la Vallée des Rois (1/2)

Publié le par Horemheb

valleedesrois.jpg   Vallée des Rois (photofloue.net)


       Ce documentaire a été diffusé il y a quelques années sur France 5. Un film assez complet sur la Vallée des Rois, « le plus grand trésor de l'humanité découvert à ce jour », nous dit-on. Je vais tenter de vous en rendre compte du mieux possible ce qui y est relaté. Le tout est agrémenté de quelques éléments suplémentaires piochés ici et là sur la toile.

 
 

La Vallée des Rois (KV) abritera durant environ cinq siècles (1539-1075 av.JC) les tombeaux de nombreux rois d'Egypte tels que Ramsès II (KV7), Séthi Ier (KV17), ou encore Thoutmosis III (KV34).

 

On y trouve aussi les tombes de certaines épouses et enfants de pharaons, mais également celles de nobles qui, récompensés de leur valeur, trouvent ici leur dernière demeure.

 

D'ailleurs, sur les 63 tombes découvertes, seulement 25 sont des sépultures royales. Parmi les autres, une vingtaine sont des tombes de personnes non encore identifiées, et quelques unes sont des sépultures d'animaux.

 
 

C'est non seulement l'histoire des pharaons qui se révèle à nous au gré des découvertes des égyptologues, mais c'est aussi celle de ceux qui ont creusé ces tombes ou qui les ont décorées de fresques absolument grandioses et d'une beauté incroyable.

 

C'est enfin celle des pilleurs de tombes qui, poussés par leur cupidité, défiant les superstitions et la mort, bravant les gardiens des lieux, n'ont pas hésité à profaner les demeures d'éternité pour faire main basse sur les trésors amassés dans les chambres funéraires.

 
 

C'est une région montagneuse très aride, sur la rive occidentale du Nil. Son nom arabe, Biban el-Moulouk, signifie « la porte des Rois ».

 

Lorsqu'on se situe en surface, on ne peut pas s'imaginer de ce qui se trouve en dessous. Soixante-trois tombes, de KV1 (tombe de Ramsès VII) à KV63 (tombe d'un inconnu découverte en 2006), renferment des trésors d'informations essentiels à la comprenhension de l'une des plus brillantes civilisations de l'histoire de l'humanité.

 

KV5 est la plus vaste de toutes. Elle a été construite pour les enfants de Ramsès II. Pour l'anecdote, il faut rappeler que le plus célèbre d'entre tous les pharaons a donné la vie à plus de cent enfants. Il faut également noter que son harem était composé de plus de deux cents femmes. Il n'est donc pas étonnant que KV5 dispose de plus de 120 chambres.

 
 

Les tombes permettent à Pharaon d'assurer son passage de la vie terrestre à la vie céleste pour prendre place parmi les dieux. Son corps momifié est inhumé dans un sarcophage. Aidé par des sortilèges, des incantations, des prières, cette transition entre les deux mondes va s'effectuer.

 

La demeure d'éternité a donc beaucoup d'importance car après la vie terrestre, qui ne dure qu'un temps relativement court, il faut réussir son passage dans l'au-delà.

 

Cela ne signifie en aucun cas que les Egyptiens n'accordent aucune importance à leur passage parmi les vivants ni qu'ils ne vivent que pour préparer leur mort.

 
 

Thèbes est la capitale de l'Egypte à son âge d'or. La ville abrite la cour royale et concentre toutes les richesses.

 

Vers 1279 avant notre ère, la ville surpuissante commence à péricliter. Séthi Ier vient de mourir. C'est l'un des règnes les plus prospères qu'a connu l'Egypte bien qu'il n'a duré qu'une quinzaine d'années. Aux alentours de 1294 avant notre ère, il monte, lui, le successeur de Ramsès Ier, sur le trône vers ses 30 ans.

 
 

La Vallée des Rois sert, pendant plus de 500 ans, de sépulture aux pharaons. Si on a choisi cet emplacement, c'est parce qu'il est totalement à l'écart. Le peuple ne voit jamais ces tombeaux. On devait penser qu'ainsi, loin des gens ordinaires, on assurait le repos éternel des souverains, loin des convoitises...

 
 

Dans les collines des troupes d'élite montent la garde en permanence et assurent ainsi la sécurité du site. Des huttes installées à des endroits stratégiques couvrent la vallée. Les sentinelles peuvent voir tout mouvement suspect et si un intrus est pris, il risque la mort.

 

Outre les prêtres, les seuls autorisés à pénétrer les lieux étaient ceux qui construisaient les tombes, ces ouvriers et artisans qui vivaient dans un village isolé, Deir el-Medineh, « la place de vérité », sur une colline qui surplombe la Vallée des Rois.

 

Grâce aux ostraca, ces petits morceaux de calcaire ou de céramique, retrouvés un peu partout et sur lesquels on écrit, on sait beaucoup de choses sur la vie quotidienne des Egyptiens.

 

A Deir el-Medineh, on a même retrouvé un ostracon sur lequel on peut lire que la mort d'un souverain provoque l'allégresse. Le pharaon est mort, on va donc pouvoir creuser un nouveau tombeau. En effet, le suivant va faire construire le sien pour qu'à sa mort il accéde à l'éternité à son tour. La mort d'un pharaon signifie donc des années de travail pour les ouvriers.

 
 

Pour les architectes, trouver l'emplacement où creuser n'est pas toujours aisé. Ils travaillent en aveugle, ne sachant pas ce qui se cache en dessous. Alors, quand les ouvriers s'affairent et arrivent sur un tombeau déjà existant, ils doivent aller ailleurs. Il n'est pas question d'aller plus loin et de risquer de troubler le repos éternel et paisible d'un souverain, maître des lieux.

 
 

L'agencement des sépultures évolue au cours des siècles. Les plans des premiers tombeaux sont en forme de « L ». Puis, on abandonne cette disposition à la faveur d'un plan rectiligne qui, dans un sous-sol surchargé, prend moins de place.

 

 

 

La semaine des ouvriers commence par la distribution des outils. Des scribes, rigoureux, tiennent un « registre » dans lequel ils notent à quel ouvrier on distribue tel ciseau. Le cuivre est en effet si précieux que le moindre outil équivaut à quelques mois de salaire. En fin de semaine, les ouvriers reposent les outils et on vérifie qu'ils n'ont pas prélevé de cuivre pour le revendre.

 

Les conditions de travail sont difficiles. Il fallait creuser la roche sous un soleil de plomb et dans la poussière. Travailler sous terre était également très dur. Pour voir dans l'obscurité, les ouvriers disposent de lampes faites d'une mèche de lin trempée dans un récipient plein d'huile et de sel (pour éviter les fumées).

 

Ils sont munis d'une équerre de charpentier, d'un fil à plomb, et d'une ficelle pour mesurer, et c'est tout. Pourtant, malgré ces moyens rudimentaires, ils ont réussi à accomplir des prodiges.

 

Creuser dans la roche était une entreprise difficile et risquée. La géologie est surprenante parfois et elle peut se révéler meurtière. De nombreux ouvriers l'ont appris à leurs dépends.

 
 

Dès que la construction est achevée, il faut recouvrir les murs de fresques qui vont donner au défunt le moyen d'accomplir sa resurrection dans l'au-delà. Les scènes, toutes esthétiques et soignées qu'elles soient, ne sont pas là pour faire joli. Elles jouent un rôle essentiel dans la quête d'éternité du pharaon.

 

Ce sont des formules magiques qui vont aider le roi à trouver sa voie dans l'au-delà. Une fois le pharaon dans son tombeau, le lieu est scellé pour toujours. Il faut donc que l'oeuvre soit terminée avant et c'est pour cela que les travaux commencent dès que le pharaon est sur le trône car construire ces dernières demeures souterraines est long et fastidieux.

 

De la mort à la mise en place dans le tombeau, il se passe maximum 70 jours, la durée de la momification. Il est de fait techniquement impossible de construire et aménager la tombe en si peu de temps.

 
 

Un artisan esquisse une ébauche de ce qui doit figurer sur les fresques en indiquant leur emplacement sur un plan à l'aide de hiéroglyphes. Son supérieur hiérarchique retouche le tout, précise les proportions et s'assure que l'ensemble est esthétique. Il corrige également les fautes d'orthographe et les oublis car une faute dans le texte peut diriger le pharaon dans une mauvaise direction.

 

Le pinceau dans une main, la lampe dans l'autre, les artistes se mettent au travail et font naître de véritables chef-d'oeuvre, d'une beauté insensée, sur les murs. Dans un ordonnancement très précis des scènes, ils tracent là le chemin que devra suivre le pharaon pour atteindre son but.

 

Lorsque les fresques sont achevées, il ne manque plus que le sarcophage qui accueillera la momie du souverain disparu. Taillé dans le granite, par exemple, il peut peser jusqu'à plusieurs tonnes. Une fois en place, tout est en ordre pour accueillir le défunt roi.

 
 

Publié dans Documentaires

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article