Jean-François Champollion : Avant la découverte

Publié le par Horemheb

champollion.jpgJean-François Champollion (Stanford.edu)


     Jean-François Champollion est né le 24 décembre 1790 à Figeac, dans le Lot. Son père est un marchand ambulant qui sillone la France pour vendre des livres et des objets religieux.

 

Originaire du Dauphiné (Valbonnais dans l'Isère), il s'installe un jour à Figeac et y ouvre une librairie. Il prend pour épouse la fille d'un tisserand de la ville à laquelle il donne sept enfants dont deux fils très brillants.

 
 

Jacques-Joseph Champollion-Figeac est l'aîné de douze ans du jeune Jean-François. Il jouera un rôle primordial dans la vie du futur père de l'égyptologie. Il lui transmettra entre autres le goût de la lecture et surtout de l'archéologie.

 

Il s'évertuera à aider et à mettre en valeur son jeune frère qui l'impressionne par son génie, sa virtuosité, et son étonnante précocité. Il continuera également son oeuvre en publiant nombre de ses écrits après sa disparition le 4 mars 1832.

 

Les esprits chagrins y verront plutôt une exploitation du mythe. Pour moi, le lien qui les unissait fut tellement fusionnel qu'il a voulu être le garant de sa mémoire qu'il voudra toujours vivace dans les esprits.

 
 

Le jeune Jean-François apprend à lire seul à l'âge de cinq ans à l'aide de missels, des livres liturgiques. Ce qui est absolument étonnant chez ce jeune garçon, c'est la facilité qu'il a pour apprendre les langues.

 
 

L'abbé Calmels, auparavant professeur de son frère aîné, lui apprend le latin, le grec, la botanique et la géologie. D'ailleurs, la botanique est faite de nom latins et grecs.
       Herboriser est donc stupéfiant lorsqu'on a devant soi un esprit qui retient les noms si facilement, a-t-il pu penser, peut-être, à cette époque. Cela n'empêche que sa scolarité à Figeac n'est pas des plus brillantes, un comble.

 
 

En 1801, il rejoint son frère à Grenoble. Il y suit des cours particuliers pour combler ses lacunes. Il apprend aussi l'hébreu dans le but de pouvoir lire l'Ancien Testament.

 
 

En 1802, les deux frères font une rencontre décisive. Joseph Fourier, qui a fait partie de la Campagne d'Egypte quelques années plus tôt, est fraîchement nommé préfet de l'Isère par Bonaparte. Joseph Fourier est historiquement connu pour ses travaux en mathématiques. Il leur parlera longuement de son expérience et leur donnera, en quelque sorte, le « virus » de l'Egypte. Une fièvre qui ne les quittera pas.

 
 

Après avoir étudié le cyrillique, le chaldéen et l'arabe, en 1804, il écrit une étude sur la mythologie grecque intitulée « Remarques sur la fable des Géants d'après les étymologies hébraïques ».

 

Il entre également dans un lycée créé par Bonaparte dans lequel il étudiera une grammaire chinoise, arabe et éthiopienne. Il est vrai que le grec, le latin, et l'hébreu ne doivent pas suffire à son insatiable envie d'apprendre des langues. Et ce n'est pas fini...

 
 

En 1806, le destin le pousse vers un moine copte qui revient d'Egypte. Il apprend énormément de lui sur la langue copte notamment. Il s'intéresse également de très près à la chronologie des dynasties égyptiennes. La terre des anciens pharaons commence à prendre de plus en plus de place dans son existence.

 

Il démontre ensuite que le copte dérive dans la langue parlée par les anciens égyptiens dont il est une adaptation aux caractères grecs.
      Pour rappel, le copte est l'alphabet grec auquel on a ajouté sept caractères issus du démotique, la langue du peuple égyptien, chargés de noter les sons qui n'existent pas en grec.

 

Il devient, cette même année, le plus jeune membre de l'Académie Delphinale après qu'il ait rédigé les premiers éléments d'une « Egypte sous les pharaons ».

 
 

L'année suivante, il part pour Paris. Il va y suivre des cours au Collège de France, à l'école des Langues Orientales. Il y apprend le persan et le sancrit. Il perfectionnera également, en parallèle, son arabe au sein de la colonie orientale.

 

Devant l'Académie des Sciences et des Arts, il présente un essai, sa « Description géographique de l'Egypte avant la conquête de Cambyse » qui lui vaudra d'y être élu.

 
 

L'année 1809 marque une étape fondamentale et fondatrice dans sa jeune vie déjà bien pleine. Il peut travailler sur la pierre de Rosette. Clin d'oeil de l'histoire, son frère a fait une communication sur cette fameuse pierre trouvée en Egypte lors de l'expédition de Bonaparte.

 

Dans le même temps, il rédige un dictionnaire copte, qu'il entend maîtriser car il comprend très vite que dans le copte réside une sorte de clé vers la compréhension des hiéroglyphes.

 

Un jour, il écrit à son frère : « Je suis si copte que je parle copte tout seul ». Il lui confiera également : « Je veux savoir l'égyptien comme mon français ». Cela montre bien que ce pays et cette civilisation ancienne lui sont chevillés au corps.

 
 

Il ne travaillera que sur des copies de la pierre de Rosette. Il ne posera jamais un orteil en Angleterre, là où elle est exposée, pour étudier l'original. Rappelons que Rosette n'est pas le nom d'une jeune femme à qui la pierre appartenait ni celui d'une princesse d'Orient amatrice de charcuterie bien grasse. C'est la transcription française du nom du village de Rashid.

 

C'est un bloc de basalte noir sur lequel est gravé en deux langues et trois écritures un traité qui date de Ptolémée V (vers 196 avant notre ère). Les militaires français, dirigés par Pierre Bouchard, l'ont donc retrouvé dans le village de Rosette.

 
 

Mais nous y reviendrons dans la deuxième partie de cette biographie qui sera consacrée à la découverte qui rendra Jean-François Champollion célèbre et surtout qui le fera entrer à jamais dans l'Histoire.

 
 

On peut donc imaginer qu'il dispose les copies, de mauvaise qualité sans doute, le crayon entre les dents, avec précaution, sur une grande table, enthousiaste et exalté, à la recherche de la clé qui lui fera comprendre ce que ces signes gravés signifient. On peut penser qu'il s'y attèle nuit et jour, jusqu'à ce que l'épuisement ait raison de lui. Son frère n'est sans doute pas loin pour l'aider, le soutenir, l'encourager.

 
 

Cette année-là marque la naissance de l'égyptologie. L'année suivante, les deux frères sont nommés docteurs ès-lettres.

 
 

En 1815, alors qu'il souhaite publier une grammaire et un dictionnaire copte, ses travaux ne sont pas encore avalisés par l'Institut. Son frère, qui est au service de Napoléon Bonaparte, plaide en sa faveur, comme une bonne étoile, il n'est jamais très loin, et surtout, à des postes avantageux qui lui permettent d'intervenir.

 

Napoléon Bonaparte, qui se souvient de Jean-François, fait la promesse d'intervenir mais Waterloo arrive et cela ne pourra se faire. Après la défaite et son abdication, les deux frères sont placés en résidence surveillée à Figeac.

 
 

En 1817, Jean-François retourne à Grenoble afin de continuer ses recherches. L'année suivante, il obtient un poste à la bibliothèque et enseigne l'histoire. Il présente à l'Académie Delphinale « Quelques hiéroglyphes de la pierre Rosette ».

 
 

En 1821, il est contraint de quitter Grenoble suite à l'insurrection libérale qui fait de lui un agitateur. Il retourne à Paris, bénéficiant de l'aide de son frère, une nouvelle fois homme providentiel, devenu entre temps secrétaire particulier de Joseph Dacier, secrétaire perpétuel à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Il monte à Paris pour se consacrer à l'étude de l'Egypte.

 

Le 27 août, son mémoire sur l'écriture hiératique est lu à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Dans ce mémoire, il met en évidence le fait que l'écriture hiératique (écriture cursive) est en relation avec l'écriture hiéroglyphique. D'ailleurs, hiératique et hiéroglyphe ont la même racine grecque hiero qui signifie « sacré ».

 

 

 
      Il est sur la voie royale, la découverte est imminente. Il est tout proche, mais c'est une autre histoire...


Sources :

http://artchives.samsara-fr.com/champollion.htm
http://canalacademie.com/Un-portrait-du-genial-dechiffreur.htm (entretien avec Jean Leclant, secrétaire perpétuel de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres)
http://2terres.hautesavoie.net/cegypte/texte/champol.htm
http://www.histoire-en-ligne.com/spip.php?article135
http://membres.lycos.fr/besegypte/ecriture/champollion.html

 

Publié dans Biographies

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article