Jean-François Champollion : « Je tiens l'affaire »

Publié le par Horemheb

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        Petit retour sur la pierre de Rosette :
 

C'est le document essentiel au déchiffrement des hiéroglyphes est découvert en 1799 par Pierre-François-Xavier Bouchard dans le village de Rashid (francisé en Rosette), une ancienne forteresse turque, alors qu'il y fait des travaux de terrassement.

 

Il tombe sur un bloc de basalte noir, d'environ un mètre de haut. Il regarde de plus près et s'aperçoit qu'il est couvert de trois sortes d'inscriptions différentes : des hiéroglyphes, une écriture cursive, et du grec.

 

Il la montre à Lancret, ingénieur des Ponts et Chaussées, qui est en mission dans cette région. Ce dernier envoie un rapport à l'Institut d'Egypte dans lequel il écrit : « Cette pierre offre un grand intérêt pour l'étude des caractères hiéroglyphiques ; peut-être donnera-t-elle la clef ».

 

L'orientaliste Joseph Marcel, directeur de l'Imprimerie, la reproduit. Il charge le général Dugua, qui retourne en France en 1800, de remettre la reproduction à l'Institut de France. C'est sur cette reproduction que travaillera Champollion quelques années plus tard.

 

En 1801, le campagne d'Egypte prend fin. Les troupes françaises capitulent le 31 août à Alexandrie. Les savants sont retranchés dans la ville et attendent de pouvoir rentrer en France.

 

Après plusieurs mois de discussions houleuses, sans doute, les savants peuvent quitter le pays mais les Anglais exigent qu'ils leur donnent les objets découverts. C'est ainsi que la pierre de Rosette devient leur propriété. On peut toujours l'admirer aujourd'hui au British Museum.

 

Jean-François Champollion n'est évidemment pas le seul ni le premier à s'intéresser aux hiéroglyphes et à théoriser sur leur sens, sur leur signification.

 

Au XVIIe siècle, l'Allemand Athanasius Kircher ne voit dans les hiéroglyphes que des symboles qui ont uniquement une portée mystique et obscure. L'abbé Barthélémy, lui, émet en 1761 l'idée que dans les cartouches s'inscrivent les noms de souverains. Le Suédois Johann David Akerblad parviendra à identifier tous les noms propres à partir de la pierre de Rosette.

 

Alors que la chute de l'Empire retarde Jean-François Champollion dans ses travaux, l'Anglais Thomas Young, présenté comme son concurrent principal dans cette course au déchiffrement des hiéroglyphes, avance à grand pas.

 

Il reprend les travaux de ses prédécesseurs et parvient à donner une première traduction du texte en démotique. Il associe également des caractères démotiques avec des caractères hiéroglyphiques. Il réussit enfin  à démontrer que le démotique dérive du hiéroglyphique et que, comme l'a conclu Bathélémy, dans les cartouches s'inscrivent les noms de rois.

 

     Il est proche, mais il lui manque quelque chose de fondamental : le copte. Si Young a pris de l'avance dans le temps, c'est Champollion qui a la clé car il comprend le copte.

 

Au mois d'août 1821, Champollion parvient à formuler « Le principe fondamental du système hiéroglyphique » dans lequel il démontre le lien étroit entre le hiéroglyphique, le démotique et le hiératique.

 

Dans un cartouche il parvient à déchiffrer le nom de Ptolémée. De plus, sur l'obélisque de Philaé, il parvient à isoler le nom de Cléopâtre. Il établit un tableau de correspondance entre le hiéroglyphique et le hiératique.
      De surcroît, en effectuant simplement le compte des hiéroglyphes (1419) et des mots du texte grec (486) il comprend que les hiéroglyphes sont à la fois des idéogrammes et des phonogrammes.
      Un signe peut être unilitère, bilitère ou trilitère, c'est à dire qu'il est une, deux, ou trois consonnes. Il a aussi découvert la présence de déterminatifs, qui permettent d'indiquer le champ lexical auquel le mot appartient.

 

De plus, les Grecs et les Romains ont besoin d'un alphabet pour les noms de leurs souverains, les Ptolémée d'un côté, les César de l'autre. Pour Champollion, linguiste averti, c'est une formalité.

 
          De plus, lorsqu'il trouve un signe, il lui suffit de retrouver son nom en copte. Il part de sons simples et il reporte leur valeur phonétique partout où ils apparaissent. C'est un travail de fourmi.

     Puis, il regarde le texte en grec et s'interroge. Quel son en copte pourrait être sa traduction ? C'est ainsi qu'il déchiffre 79 noms différents dont il retrouve progressivement toutes les lettres. Au fur et à mesure que les mots sont isolés, il élabore son dictionnaire et sa grammaire.

 

 

Le 27 septembre 1822, il communique le résultat de ses recherches dans la célèbre « Lettre à M. Dacier ». Bon-Joseph Dacier est le secrétaire général de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres.

     Quelques jours avant d'exposer devant l'Académie, réunie en assemblée extraordinaire, il écrit à son frère : « Je tiens l'affaire ».


Sources :

http://artchives.samsara-fr.com/champollion.htm
http://membres.lycos.fr/besegypte/ecriture/champollion.html
http://www.culture.gouv.fr/culture/actualites/celebration/rosette.htm
http://www.annales.org/archives/x/ABC.html
http://www.typographie.org/trajan/champollion/champollion_2.html
http://www.culturediff.org/champollion6.htm
http://www.toutankharton.com/A-kircher

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