Jean-François Champollion : voir l'Egypte et mourir

Publié le par Horemheb

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   Après avoir exposé sa découverte devant l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Jean-François Champollion fait paraître de nombreux ouvrages.

 

Il publie de 1823 à 1831, avec son ami Léon Jean-Joseph Dubois, dessinateur, quinze fascicules intitulés Le panthéon égyptien. On peut y trouver les légendes des divinités. En 1824, c'est son Précis du système hiéroglyphique des Anciens Egyptiens, dédié au roi Louis XVIII, qui voit le jour. En 1827, avec Dubois, Rossellini et le dessinateur l'Hôte, est disponible la Notice descriptive des monuments égyptiens du musée Charles X.

 

Champollion a de nombreux amis mais aussi quelques « ennemis » parmi ses pairs. Antoine-Isaac Silvestre de Sacy, par exemple, une des sommités du monde académique et de l'orientalisme de l'époque, est celui qui, dans une lettre, demande à Thomas Young de ne jamais communiquer quoi que ce soit au jeune Français. Ils se réconcilieront plus tard.

 

Thomas Young, celui qui est présenté comme son principal concurrent dans la course au déchiffrement des hiéroglyphes, revendiquera toujours avoir été le premier à couper la ligne d'arrivée. D'ailleurs, de nombreux égyptologues considèrent son article publié dans l'Encyclopaedia Britannica en 1818, intitulé Egypt, comme le véritable fondement de l'égyptologie moderne.

 

Edme François Jomard, géographe qui a été secrétaire de la commission scientifique égyptienne, est l'un des ses plus fervents détracteurs. Il n'accepte pas, semble-t-il, que Champollion connaisse mieux l'Egypte que ceux qui ont foulé son sol durant la fameuse campagne d'Egypte.


De plus, une querelle oppose les deux hommes en 1821 à propos du zodiaque de Denderah qu'un ouvrier a extrait du toit d'une chapelle. Champollion le date de l'époque romaine alors que Jomard le situe vers 1200 avant notre ère.


Il tentera, en vain, car le roi le lui octroit le 17 mai 1826, de toutes ses forces d'empêcher Champollion d'obtenir le poste de conservateur de la division égyptienne et orientale du musée du Louvre. Charles X le charge également de donner chaque année un cours public et gratuit d'archéologie égyptienne.



 

Le voyage en Italie...

 

Il traverse les Alpes en 1824. Il étudiera toutes les collections dans les musées et les bibliothèques. Il admirera nombre de payri, de statues, d'obélisques...

 

A Turin, où il passera un an, il classe la collection Drovetti que le roi de Piémont-Sardaigne, Carlo Felice, a acheté. Il peut à loisir admirer nombre de statues, de stèles, de bas-reliefs, d'objets funéraires et de papyri que le consul de France Drovetti a recueilli à Thèbes.

 

Il découvre dans une pièce un papyrus qui comporte une chronologie des pharaons que l'on connait sous le nom de Canon royal de Turin. Il est élu membre de l'Académie des Sciences de la ville.

 

Léon XII, le pape de l'époque, tient à le recevoir. Il est totalement ébloui par ce jeune Français et s'étonne qu'il n'ait reçu aucune distinction. Son ambassadeur à Paris se fait son messager. C'est ainsi que, par l'intermédiaire du pape, Champollion est décoré de la Légion d'honneur.

 

Parmi les textes qu'il consulte figurent de nombreux papyri funéraires qui lui permettent d'affiner et de compléter sa Grammaire égyptienne. Il constitue également un tableau d'homophones et perce les secrets du système numérique qu'utilisaient les anciens Egyptiens.

 

Il écrit : « J'ai vu rouler dans ma main des noms d'années dont l'Histoire avait totalement perdu le souvenir, des noms de Dieux qui n'ont plus d'autels depuis quinze siècles, et j'ai recueilli, respirant à peine, craignant de le réduire en poudre, tel petit morceau de papyrus, dernier et unique refuge de la mémoire d'un Roi qui, de son vivant, se trouvait peut-être à l'étroit dans l'immense Palais de Karnak ! ».

 

Il est totalement émerveillé par ce qu'il voit, toutes ces splendeurs millénaires qui s'offrent à ses yeux écarquillés. D'ailleurs, il écrit dans une lettre datée du mois d'août 1824 : « Aucun texte, soit hiéroglyphique, soit hiératique, soit démotique, ne m'embarasse plus désormais : je les déchiffre avec plaisir ».

 

Son travail en Italie ne se résume pas à l'étude des collections. Il y fait également des acquisitions. En 1826, il demande au roi d'acheter la collection du consul d'Angleterre en Egypte Henri Salt. Champollion la négocie à Livourne avant qu'elle ne prenne le chemin au Louvre.

 

A Paris arriveront ainsi nombre de statues de toutes tailles, de figurines, de vases, d'ustensiles, de papyri et un sarcophage de granit rose orné de scènes mythologiques sur toutes ses faces que des inscriptions hiéroglyphiques expliquent. A Rome, il fait l'acquisition de parures en or, de vases, de stèles, de manuscrits.

 
 

Il foule le sol de son Egypte... enfin !

 
 

Une fois le département des antiquités orientales du Musée Royal du Louvre enfin inauguré le 15 décembre 1827, il ne pense dès lors, comme une obsession, qu'à partir en Egypte. Il prépare le voyage avec son frère, toujours là, et un jeune Italien, le célèbre Ippolito Rosellini.

 

Il faut évidemment trouver de l'argent pour partir et malgré ses appuis en Italie, ce n'est pas chose facile. Le financement vient donc conjointement de Charles X et du duc de Toscane. Sera ainsi constituée ce que l'on appelle la mission franco-toscane.

 

Le 31 juillet 1828 c'est le grand départ. Champollion prend la mer, de Toulon, dans la corvette Eglée, accompagné du dessinateur l'Hôte, des peintres Duchesne, Lehoux et Bertin, du dessinateur et médecin italien Alessandro, du naturiste Raddi, du peintre Angelelli, du dessinateur Chérubini et de l'architecte Rosellini. Ils foulent le sol égyptien 17 jours plus tard.

 

Pendant 18 mois, ils vont parcourir le Nil jusqu'au Soudan dans le but de collecter une somme d'informations, de dessins, de documents.

 

C'est lors de ce voyage qu'il obtient de Mehmet Ali, vice-roi d'Egypte, le don du fameux obélisque de Louxor qui trône aujourd'hui place de la Concorde à Paris. Il n'assistera pas à l'événement car il meurt avant son érection sur la célèbre place de la capitale.

 

Des monuments de Karnak, il écrira : « Là m'apparut toute la magnificence pharaonique, tout ce que les hommes ont imaginé et exécuté de plus grand. Tout ce que j'avais vu à Thèbes, tout ce que j'avais admiré avec enthousiasme sur la rive gauche, me parut misérable en comparaison des conceptions gigantesques dont j'étais entouré ».

 

Le 1er janvier 1829, Champollion écrit à Bon-Joseph Dacier : « Je suis fier maintenant que, ayant suivi le cours du Nil depuis son embouchure jusques à la seconde cataracte, j'aie le droit de vous annoncer qu'il n'y a rien à modifier dans notre Lettre sur l'alphabet des hiéroglyphes. Notre alphabet est bon : il s'applique avec un égal succès, d'abord aux monuments égyptiens du temps des Romains et des Lagides, et ensuite, ce qui devient d'un bien plus grand intérêt, aux inscriptions de tous les temples, palais et tombeaux des époques pharaoniques ».

 

Champollion passe ses jours et ses nuits à recopier les textes qu'il trouve sur les monuments. Il souhaite retranscrire une idée exacte de ce qu'il voit, de ce qu'il ressent devant tant de merveilles. Il reviendra avec des masses de notes, documents, textes et récits....

 



 

Il revient d'Egypte en 1830 avec la confirmation qu'il était dans le vrai, avec la certitude que ses théories sont les plus valables, mais il est très malade et épuisé.

 

A son retour, il est élu à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, il est nommé conservateur en chef du musée du Louvre, et il prend la chaire d'antiquités que Louis-Philippe crée spécialement pour lui au Collège de France. Il n'aura le temps que d'y donner quatre leçons, la mort le rattrappe très vite.

 

Il disparaît le 4 mars 1832. Il est enterré au cimetière parisien du Père-Lachaise. Il laisse de nombreux travaux inachevés et son frère se chargera de publier un certain nombre d'ouvrages posthumes notamment sa Grammaire égyptienne.


sources :

http://artchives.samsara-fr.com/champollion.htm
http://canalacademie.com/Un-portrait-du-génial-dechiffreur.htm
http://2terres.hautesavoie.net/cegypte/texte/champol.htm
http://www.histoire-en-ligne.com/spip.php?article135
http://culturediff.org/champollion8.htm (aussi 9 à 12)

Publié dans Biographies

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