Victor Loret (1859-1946)

Publié le par Horemheb


Victor Loret (wikimedia.org)


Victor Clément Georges Philippe Loret (1859-1946) est une figure de l'égyptologie. L'Université de Milan a la merveilleuse idée d'exposer, jusqu'au 30 juin, les archives inédites de ce grand savant français au musée du Caire. L'occasion pour moi de vous exposer une petite biographie sommaire de celui qui aura fait tant de découvertes en terre d'Egypte...


Lorsqu'on parle de grandes figures de l'égyptologie, on pense évidemment à Champollion, à Mariette (créateur du musée du Caire en 1858), ou encore à Carter. Mais Loret peut aisément se targuer, 62 ans après sa mort, faire partie de cette sorte de panthéon égyptologique.


En 1881, il accompagne Gaston Maspéro en Egypte et sera chargé de réaliser le premier catalogue du jeune musée du Caire. En 1897 il devient le chef du département des Antiquités égytiennes. Un an plus tard, il fait ses premières découvertes à Louqsor. Il trouve la tombe du célèbre Thoutmosis III (XVIIIe Dynatie) et dans celle d'Aménophis II (XVIIIe Dynastie) une cache contenant 17 momies royales.


En 1899, il quitte l'Egypte et... n'y reviendra plus. Un départ soudain et mystérieux. D'ailleurs, lui qui aura fait des découvertes de première importance a, finalement, très peu publié. Quasiment tous ses travaux sont restés cachés, dans de simples boîtes à chaussures, comme si cela n'avait aucune importance. Des trésors scientifiques, tant de pièces importantes pour comprendre un peu mieux l'Egypte relégués au rang de simples papiers oubliés ? Pourquoi ? Il se contentera, dès son retour en France, de former des égyptologues à l'Université de Lyon. Preuve que sa passion, elle, est restée intacte. On ne transmet pas un savoir lorsqu'on n'a plus la passion. On transmet car ce qu'on donne à l'autre vibre en nous.


Loret lèguera ses travaux à un des ses élèves, Alexandre Varille. Loret décède en 1946 et Varille peu de temps après, ne pouvant pas exploiter ce « trésor ». Il est vendu en l'an 2000 par ses héritiers à une maison américaine de livres d'art. L'Université de Milan les leur rachète en 2002 pour la « modique » somme de 225.000 euro.


Reste à élucider la raison de son départ brutal d'Egypte. Son incompatibilité d'humeur avec le ministre des Travaux publics, qui était proche des Anglais, est connue. D'ailleurs, la rivalité entre la France et l'Angleterre était farouche en Egypte au XIXe siècle.


L'égyptologue Patrizia Piacentini, responsable de l'acquisition de ce fonds, déclare à ce sujet : « La politique, les rivalités entre grandes nations et la jalousie entre collègues, voilà ce que révèlent les carnets de Loret ».

 

 

source : AFP

Publié dans Biographies

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