Le voyage de l'obélisque de la place de la Concorde

Publié le par Horemheb

Oobelconcorde.jpgObélisque de la Concorde


L'obélisque de la place de la Concorde à Paris est un magnifique ouvrage de granit rose. Couvert de hiéroglyphes, il est haut de 23 mètres et pèse 230 tonnes. Originaire de Louqsor, il a été façonné il y a plus de 3.300 ans.

Pour comprendre comment ce monument égyptien s'est retrouvé à Paris, à des milliers de kilomètres de son endroit d'origine, il faut remonter à l'année 1828. Cette année-là, Champollion peut enfin fouler la terre d'Egypte avec la fameuse mission franco-toscane.

A Alexandrie, il tombe sous le charme des « aiguilles de Cléopâtre ». Il souhaite en emmener une à Paris, celle qui est debout. L'autre, couchée, est pour les Anglais. Finalement, l'une ira à Londres et l'autre à New York (Central Park).

A Louqsor, il est en « pâmoison » devant les obélisques « jumeaux » qui sont devant le temple dédié au dieu Amon. Finalement, s'il devait emporter un obélisque à Paris, ce serait l'un d'eux. Ces années-là sont marquées par une concurrence féroce entre les couronnes de France et d'Angleterre pour acquérir les antiquités et on assiste à des mouvements en coulisse qui sont très bien expliqués dans la revue Toutankhamon du mois de décembre 2007. C'est assez savoureux et je vous encourage, au passage, à vous procurer cette excellente revue.

Soucieux de ménager les susceptibilités deux puissances européennes et de s'attirer leurs faveurs, le vice-roi et Pacha d'Egypte Méhémet Ali décide d'offrir, en 1830, un obélisque à la France et un autre à l'Angleterre. On offre ainsi le plus beau de tous, celui de Karnak, aux Anglais, et finalement les deux obélisques de Louqsor, aux Français. En échange, le roi de France offre une horloge qui, pour l'anecdote, ne fonctionnera jamais. Un seul obélisque fera le voyage jusqu'à Paris ; son « jumeau » restera in situ.

Transporter un obélisque n'est pas une entreprise aisée, surtout à l'époque. De plus, on ne pouvait le faire voyager que par voies fluviale et maritime. Il a donc fallu construire un bateau capable de l'accueillir mais aussi de naviguer sur le Nil, la Méditerranée, et enfin la Seine.

Pour cela, on construit le Luxor, un navire de 43 mètres de long, à Toulon. Ses mâts ne dépassent pas 9 mètres car il faut qu'il passe sous les ponts de la Seine. En effet, on n'allait tout de même pas découper les ponts afin de le faire passer...

Il part le 15 avril 1831 avec à son bord 136 hommes d'équipage ainsi que tout le matériel nécessaire.

Il arrive à Louqsor le 16 août 1831. Afin de déplacer l'obélisque du temple jusqu'au bateau, les ouvriers vont aménager un long chemin en rasant, au préalable, quelques maisons. On l'entoure de planches afin que le frottement des cordes n'endommage pas les inscriptions hiéroglyphiques lorsqu'ils vont le coucher au sol. Il faut pour cela une dizaine de personnes.

Ils le traînent ensuite jusqu'au bateau. Il leur faut un mois pour parcourir les 400 mètres qui l'y séparent. Cela donne une bonne idée des méthodes que les ouvriers Egyptiens employaient 3.300 ans auparavant.

Pour placer l'obélisque dans le bateau, il faut découper la proue (l'avant), puis, enfin, la reonstruire en l'ajustant. Il est ainsi prêt, bien calé dans le Luxor, à effectuer son grand et périlleux voyage pour la France...

La descente du Nil n'est pas de tout repos. Il faut faire une escale forcée à Rosette car le fleuve est trop bas. Puis, le coin est connu pour ses bancs de sable. Il a donc été nécessaire d'attendre la crue suivante afin de repartir pour rejoindre Alexandrie.

Arrivé le 2 janvier 1833, on procéde à des réparations car le bateau a été un peu endommagé. Aborder la traversée de la Méditerranée en cette saison étant trop risquée, on fait une nouvelle escale de quelques mois en attendant le printemps.

Le 1er avril 1833, le Luxor part d'Alexandrie et l'obélisque ne verra, dès lors, plus jamais son sol natal. Il est remorqué jusqu'à Toulon par l'un des premiers bateaux à vapeur français, le Sphinx. Le convoi arrive à Toulon le 10 mai 1833. Le 12 août il stationne à Cherbourg. Enfin, le 23 décembre 1833, après un voyage de deux ans et demi et plus de 12.000 kilomètres parcourus, le voilà enfin à Paris.

Il ne trône pourtant pas encore sur la place qui lui est destinée. On construit à Brest une nouvelle base en granit car le piédestal d'origine, remisé au Louvre, laisse voir des babouins au sexe proéminent, ce qui déplait fortement au roi. Il n'était donc pas question de le laisser.

C'est le 25 octobre 1836, en présence de Louis-Philippe et de plus de 200.000 spectateurs, que l'obélisque prend place à la Concorde. Il sera classé monument historique le 22 janvier 1837.

Symboliquement, le Président François Mitterrand rend, en 1981, au nom de la République Française, le deuxième obélisque du temple de Louqsor à l'Egypte sans que jamais celui-ci ne se soit déplacé.

Sous la présidence de Jacques Chirac, l'obélisque retrouve son chapeau doré. On le coiffe d'un pyramidion de 3,60 mètres de hauteur recouvert de feuilles d'or de 23,5 carats.

 

 

Sources :

  • Toutankhamon magazine n°36 p. 49-53

  • http://www.egyptos.net/egyptos/pharaon/grand-voyage-obelisque-de-la-place-de-la-concorde.php

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bregman 31/01/2008 13:13

C'est vrai ça ... Tu manques de punch, comme moi ?!
J'espère que tu vas bien. @ bientôt !

Ludivine 17/01/2008 18:16

Ben alors, tu les abandonnes tes bloguinounets ?? (pis les miens aussi d'ailleurs !!! grrrr) lol Plus rien, plus d'aricles, que dalle ! Rhooooo...
Kékispasse??? mdr